Dysfonction sexuelle post-ISRS (PSSD)
- Une maladie multisystémique causée par les antidépresseurs ISRS et IRSN. Elle peut toucher la fonction sexuelle, les émotions, la cognition et les sens.
- Pas de simples effets secondaires qui se prolongent. La PSSD peut commencer après l’arrêt du médicament, et elle peut être permanente.
- Aucune recommandation clinique des agences du médicament. Pas de test, pas de traitement autorisé.
La PSSD expliquée par un psychiatre
Une introduction à la PSSD par le Dr Josef Witt-Doerring, psychiatre américain (20 minutes, mars 2024, en anglais).
- Le Dr Witt-Doerring dirige Taper Clinic, une clinique américaine pour les personnes qui arrêtent des médicaments psychiatriques.
- Nous ne recommandons aucune clinique ni aucun traitement.
- N’arrêtez et ne modifiez aucun médicament sans l’avis du médecin qui vous l’a prescrit.
Symptômes de la PSSD
La PSSD peut toucher la fonction sexuelle, les émotions, la cognition et les sens. Certains symptômes n’apparaissent qu’après l’arrêt du médicament.
Sensibilité génitale
4- Organes génitaux engourdis, comme sous anesthésie locale
- Le toucher est perçu mais n’a plus rien de sexuel
- Mamelons moins sensibles
- Douleurs génitales
Fonction sexuelle
6- Perte du désir sexuel
- Troubles de l’érection
- Orgasme absent, faible ou sans plaisir
- Lubrification vaginale diminuée
- Érections nocturnes moins fréquentes ou absentes
- Éjaculation plus faible
Émotions, cognition et sens
4- Émoussement émotionnel (les émotions semblent éteintes)
- Dépersonnalisation (sentiment d’être détaché de soi-même)
- Changements de la sensibilité de la peau, de l’odorat, du goût ou de la vue
- Troubles cognitifs (clarté mentale diminuée)
Témoignages de patients
Des entretiens enregistrés par la chaîne Moral Medicine. Chaque récit montre l’expérience d’une personne, pas la fréquence de la PSSD.
Victoria
Victoria a pris de l’escitalopram (Lexapro) pendant environ trois mois quand elle était étudiante. Elle décrit un engourdissement génital, une perte du désir et un émoussement émotionnel après l’arrêt.
Benjamin
Benjamin parle de 14 ans de PSSD après la prise de Cymbalta (duloxétine). Il décrit sa perte de libido et combien il a été difficile d’être pris au sérieux par le corps médical.
Nick
Nick décrit une anhédonie émotionnelle et génitale intense, une perte de sensations et de plaisir, après la prise d’un ISRS couramment prescrit.
L’essentiel sur la PSSD
- 1
Les critères diagnostiques de 2022 (en anglais) exigent un changement durable de la sensibilité génitale, comme un engourdissement. Beaucoup de personnes décrivent aussi un émoussement émotionnel et des changements cognitifs et sensoriels.
- 2
Depuis 2019, les notices britanniques et européennes indiquent que des symptômes sexuels ont parfois « persisté après l’arrêt du traitement » (en anglais).
- 3
Il n’existe aucun test, mais les agences du médicament ont un terme pour la désigner depuis 2021 : vous pouvez donc la signaler sous son nom (en anglais).
- 4
La fréquence de la PSSD est inconnue. Une revue de 2023 n’a trouvé aucune estimation fiable (en anglais).
- 5
Il n’existe aucun traitement autorisé, et le rétablissement n’a jamais été correctement étudié. La PSSD « peut persister des mois, des années ou indéfiniment » (en anglais).
Si vous pensez avoir une PSSD
N’arrêtez et ne modifiez aucun médicament à cause de ce que vous lisez sur cette page. Arrêter brutalement un antidépresseur peut provoquer des symptômes de sevrage. Parlez-en d’abord au médecin qui vous l’a prescrit.
Parlez-en à votre médecin
Même si vous avez arrêté il y a des années. Vous n’avez pas besoin d’arrêter un médicament pour en parler.
Signalez-le
En France, le signalement se fait auprès de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), sur le portail signalement.social-sante.gouv.fr. Au Royaume-Uni, utilisez le dispositif Yellow Card (en anglais) ; aux États-Unis, MedWatch (en anglais). Indiquez le terme MedDRA « Dysfonction sexuelle après ISRS ». À défaut, utilisez le terme anglais « Post-SSRI sexual dysfunction » (code 10086208). Aucune preuve n’est nécessaire. Pour les autres pays, voir notre guide pour signaler des effets secondaires.
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Le guide complet de la PSSD
Ce que c’est, qui elle touche, ce qu’ont fait les agences du médicament, la recherche, le diagnostic, le traitement et le rétablissement, avec les sources.
Qu’est-ce que la PSSD ?
La dysfonction sexuelle post-ISRS (PSSD) est une maladie causée par les antidépresseurs ISRS et IRSN. Elle peut commencer pendant le traitement ou seulement après l’arrêt, et toucher la fonction sexuelle, les émotions, la cognition et les sens. Son signe caractéristique est un changement durable de la sensibilité génitale.
Les ISRS (inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine) sont le type d’antidépresseur le plus utilisé (en anglais), selon le NHS, le service public de santé britannique. Les IRSN (inhibiteurs de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline) agissent de façon similaire. Les uns comme les autres aident beaucoup de personnes.
Les effets secondaires sexuels pendant le traitement sont fréquents, et ils disparaissent en général (en anglais) après l’arrêt. La PSSD est différente : c’est une maladie durable, qui peut aussi commencer après l’arrêt.
La PSSD est l’une des trois maladies apparentées, avec le PFS (après le finastéride) et le PAS (après l’isotrétinoïne). Les critères de 2022 couvrent les trois.
Les critères diagnostiques de 2022
Il n’existe ni analyse de sang ni examen d’imagerie pour la PSSD. En 2022, 37 médecins et chercheurs de dix pays (en anglais) se sont accordés sur des critères diagnostiques.
- Obligatoire : vous avez pris un médicament qui bloque la recapture de la sérotonine, comme un ISRS ou un IRSN.
- Obligatoire : la sensibilité de vos organes génitaux a changé, et ce changement a persisté après l’arrêt. Les organes génitaux peuvent sembler engourdis au toucher, ou le toucher est perçu mais n’a plus rien de sexuel.
- Éléments en faveur : une perte durable du désir sexuel, des troubles de l’érection, des orgasmes absents ou moins agréables, et des troubles qui durent depuis 3 mois ou plus.
- Critères d’exclusion : les mêmes troubles avant le médicament, ou une autre maladie, un autre médicament ou une substance qui les explique.
Quand les troubles durent depuis trois mois après l’arrêt, les auteurs s’accordent à dire qu’« il est plus probable qu’il s’agisse d’une PSSD ». Un diagnostic psychiatrique en cours ne l’exclut pas.
Les critères sont un consensus d’experts, pas une recommandation officielle. Ils ont été établis à partir de cas signalés à RxISK.org, un site sur la sécurité des médicaments auquel trois des auteurs sont liés. À lire aussi : Comment diagnostique-t-on la PSSD ?
Noms et codes
- Nom utilisé par les patients
- PSSD, abréviation de l’anglais post-SSRI sexual dysfunction (dysfonction sexuelle post-ISRS)
- Terme MedDRA
- Dysfonction sexuelle après ISRS (terme anglais : « Post-SSRI sexual dysfunction »), code 10086208, ajouté en 2021. MedDRA est le dictionnaire que les agences du médicament utilisent pour enregistrer les signalements d’effets indésirables.
- Code dans les dossiers du NHS
- Un code SNOMED pour la dysfonction sexuelle persistante après l’arrêt d’un ISRS, ajouté en octobre 2024. SNOMED est le système de codage qu’utilisent les dossiers médicaux du NHS, au Royaume-Uni.
- Orphanet (base de données des maladies rares)
- Post-selective serotonin reuptake inhibitor sexual dysfunction (en anglais), ORPHA:686475
- Code CIM
- Aucun code propre (les codes CIM sont ceux que les médecins utilisent dans les dossiers médicaux). Orphanet la rattache provisoirement à F52.8, un code large pour les dysfonctions sexuelles « non dues à un trouble ou à une maladie organique ».
Les médicaments concernés
En 2019, l’Agence européenne des médicaments (EMA) a demandé une mise en garde pour dix médicaments (en anglais) : six ISRS et quatre IRSN.
- ISRS
- Citalopram (Cipramil, Celexa), escitalopram (Cipralex, Lexapro), fluoxétine (Prozac), fluvoxamine (Faverin), paroxétine (Seroxat, Paxil), sertraline (Lustral, Zoloft)
- IRSN
- Desvenlafaxine (Pristiq), duloxétine (Cymbalta), milnacipran, venlafaxine (Efexor, Effexor)
- Également signalée après
- D’autres médicaments qui bloquent la recapture de la sérotonine, comme certains antidépresseurs tricycliques. Des signalements comparables existent après la mirtazapine, avec trop peu de données pour dire s’il s’agit de la même maladie.
Figurer sur cette liste ne signifie pas qu’un médicament vous fera cela. N’arrêtez et ne modifiez aucun médicament sans l’avis du médecin qui vous l’a prescrit. À lire aussi : Quels antidépresseurs sont liés à la PSSD ?
Les symptômes en détail
La liste des symptômes vient des critères de 2022 (en anglais). Seul le changement de la sensibilité génitale est obligatoire. Les symptômes peuvent commencer pendant la prise du médicament ou seulement après son arrêt.
Si les critères exigent un changement de la sensibilité génitale, c’est que ces changements « semblent propres à la PSSD » et peuvent être « masqués par » une baisse du désir. Tout changement qui n’est pas complètement revenu à la normale est pris en compte.
L’émoussement émotionnel et l’engourdissement génital « vont souvent de pair », notent les critères. Nos articles sur l’émoussement émotionnel, l’engourdissement génital sous antidépresseurs et la PSSD chez la femme vont plus loin.
Qui est touché par la PSSD
La PSSD a été signalée chez des hommes et des femmes, de l’adolescence à la soixantaine, après des traitements courts comme longs.
- Sexe
- Hommes et femmes. Dans la plus grande série publiée (en anglais), 171 signalements liés à un antidépresseur venaient d’hommes et 50 de femmes. Cela montre qui a fait un signalement, pas qui est touché.
- Âge
- De 15 à 66 ans dans la même série. La seule étude fondée sur des dossiers médicaux ne portait que sur des hommes de 21 à 49 ans.
- Durée de prise
- Selon les critères, la PSSD peut survenir après « des expositions de quelques jours seulement ». Dans la série de 2018, 15 personnes avaient pris un antidépresseur pendant moins de deux semaines.
- Dose
- On ne sait pas. Une revue de 2023 (en anglais) a appelé à étudier si la dose joue un rôle.
- Traitement antérieur
- Elle peut survenir même si un traitement antérieur par le même médicament ou un médicament proche n’a posé aucun vrai problème, selon les critères.
- Début
- Pendant la prise ou après l’arrêt. Dans 41 des 221 signalements liés à un antidépresseur de la série de 2018, elle a commencé ou s’est nettement aggravée seulement après l’arrêt.
- Personnes les plus à risque
- On ne sait pas. Les recherches sur les personnes qui en sont atteintes « restent rares », écrivaient Healy et Mangin (en anglais) en 2024.
La PSSD est-elle fréquente ?
Personne ne sait à quelle fréquence survient la PSSD. Son incidence « est inconnue », écrivent les auteurs des critères, et une revue systématique de 2023 (en anglais) portant sur 19 études et cas cliniques publiés n’a pas pu trouver d’estimation fiable.
Signalé ne veut pas dire mesuré
Les signalements au dispositif britannique Yellow Card, à l’agence américaine du médicament (FDA) ou à RxISK montrent que quelque chose arrive. Ils ne peuvent pas montrer à quelle fréquence, car la plupart des réactions ne sont jamais signalées. La MHRA, l’agence britannique du médicament, a publié l’estimation selon laquelle « seulement 10 % des réactions graves » sont signalées (en anglais).
Pourquoi il n’existe pas de taux
Healy et Mangin (en anglais), deux des auteurs des critères, en donnaient ces raisons en 2024 :
- Un essai conçu pour détecter la PSSD serait contraire à l’éthique.
- Les questionnaires courants ne posent pas de questions sur la sensibilité génitale, et les études des laboratoires pharmaceutiques suivent rarement les personnes après l’arrêt.
- Les personnes en parlent rarement si on ne les interroge pas, et le lien est rarement consigné.
Les deux études qui ont essayé
Dossiers médicaux israéliens, 2023
Ben-Sheetrit et ses collègues ont passé en revue 19 ans de dossiers dans un district du plus grand organisme de santé d’Israël. Sur 866 hommes ayant pris un antidépresseur agissant sur la sérotonine, 4 étaient encore traités pour de nouveaux troubles de l’érection des mois après l’arrêt : 1 sur 216.
Uniquement des hommes de 21 à 49 ans. L’étude comptait les prescriptions de médicaments contre les troubles de l’érection, pas l’engourdissement génital. Les auteurs indiquent qu’elle « pourrait sous-estimer » la PSSD.
Enquête auprès de jeunes, 2024
Pirani et ses collègues ont interrogé des jeunes aux États-Unis et au Canada sur un engourdissement génital durable. Il a été signalé par 93 des 707 personnes qui avaient pris un antidépresseur par le passé, contre 1 sur 102 parmi celles qui avaient pris d’autres médicaments psychiatriques.
Données autodéclarées, par des personnes de minorités sexuelles et de genre âgées de 15 à 29 ans. Après ajustement, l’odds ratio était de 14,2, mais avec un seul cas dans le groupe de comparaison, la fourchette probable est large (de 2,92 à 257). L’étude est signée en premier par une personne issue d’un groupe canadien de patients atteints de PSSD.
Aucune de ces deux études ne donne un taux pour toutes les personnes qui prennent un antidépresseur. À notre avis, une étude au long cours, qui interrogerait les participants sur leur sensibilité génitale, leurs émotions et leur cognition avant, pendant et après le traitement, comblerait ce manque.
Ce qu’ont fait les agences du médicament
Au Royaume-Uni et dans l’Union européenne, les agences du médicament ont ajouté une mise en garde aux notices des ISRS et des IRSN, et une notice américaine la comporte. Aucune n’a publié de recommandation clinique pour reconnaître la PSSD.
États-Unis : la notice du Prozac
La notice américaine de la fluoxétine (Prozac) ajoute : « Les symptômes de dysfonction sexuelle persistent parfois après l’arrêt du traitement par fluoxétine. » La mention y figure toujours. Les autres notices américaines d’ISRS et d’IRSN que nous avons vérifiées en septembre 2026 ne le disent pas.
États-Unis : une pétition à la FDA
Une pétition citoyenne déposée par David Healy demande une mise en garde sur toutes les notices d’ISRS et d’IRSN : les effets secondaires sexuels « peuvent parfois persister des années, voire indéfiniment ». La FDA envoie une réponse d’attente en novembre 2018.
UE : une mise en garde pour dix médicaments
Le comité de sécurité de l’Agence européenne des médicaments demande une mise en garde pour six ISRS et quatre IRSN. Les notices indiquent désormais : « Dans certains cas, ces symptômes ont persisté après l’arrêt du traitement. »
Royaume-Uni : la même mise en garde
Selon les termes du gouvernement, les informations officielles britanniques sur les ISRS font désormais état d’une « dysfonction sexuelle durable, dont les symptômes persistent malgré l’arrêt ». La MHRA a participé au réexamen européen à l’origine de la mise en garde.
Royaume-Uni : la reconnaissance, « hors des compétences de la MHRA »
Interrogé à la Chambre des lords sur une éventuelle reconnaissance de la PSSD, le gouvernement renvoie à un groupe d’experts chargé des notices. Ce travail « ne traitera pas de la reconnaissance clinique » de la PSSD, précise-t-il.
Royaume-Uni : des notices à modifier
La Commission on Human Medicines, qui conseille le gouvernement britannique sur les médicaments, recommande de mettre à jour les notices de « certains antidépresseurs » sur la dysfonction sexuelle « qui peut persister après l’arrêt du traitement ». Fin septembre 2026, nous n’avions trouvé aucune annonce de la formulation définitive.
États-Unis : la pétition toujours en attente
La FDA entend les personnes à l’origine de la pétition de 2018 et de quatre autres pétitions sur les ISRS et les IRSN. Elle ne donne pas d’avis, et publiera ses réponses une fois prêtes. Aucune mise en garde pour l’ensemble des ISRS et des IRSN n’a été ajoutée aux notices américaines.
Une mise en garde dans la notice n’est pas une recommandation clinique. En Angleterre, la recommandation du NICE sur la dépression (en anglais) cite « des effets à long terme sur la fonction sexuelle » parmi les risques d’un usage prolongé. Elle ne mentionne pas les troubles qui persistent après l’arrêt.
À notre avis, cela laisse un vide au Royaume-Uni : la notice met en garde contre la PSSD, mais aucun organisme officiel n’explique aux médecins comment la reconnaître. À lire aussi : Ce que disent l’EMA, la MHRA et la FDA sur la PSSD.
La recherche sur la PSSD
La recherche sur la PSSD est peu abondante. Elle décrit surtout des cas, très peu d’études suivent les personnes dans le temps, et nous n’avons trouvé aucun essai contrôlé d’un traitement.
Personne ne sait pourquoi elle dure, et aucune explication n’a été confirmée chez l’humain. Parmi les pistes proposées : des changements épigénétiques (en anglais), c’est-à-dire des modifications durables de la façon dont les gènes s’activent et se désactivent, et des changements dans les neurostéroïdes (en anglais), des stéroïdes fabriqués par le cerveau et les nerfs.
300 cas, 2018
Healy et ses collègues ont décrit des signalements venus de 37 pays, dont 221 après un antidépresseur. L’engourdissement génital apparaissait dans 49 % de ceux venant d’hommes et 60 % de ceux venant de femmes.
Les personnes ont choisi de faire un signalement à RxISK, un site créé par les auteurs, et ses articles ont « probablement encouragé les signalements ». L’étude montre ce que les personnes décrivent, pas la fréquence du trouble.
Revue systématique, 2023
Tarchi et ses collègues ont retenu 19 études et cas cliniques publiés. Ils n’ont pu ni estimer la fréquence de la PSSD, ni confirmer que les médicaments la provoquent. Mais des troubles durables « ne pouvaient pas être entièrement exclus ».
Sur les 19, 11 étaient des cas cliniques isolés, et aucun n’était un essai randomisé.
Études chez le rat, 2021 et 2025
Giatti et ses collègues ont donné de la paroxétine à des rats mâles pendant deux semaines. Les taux de stéroïdes du cerveau et l’activité des gènes ont changé. Certains changements étaient encore présents un mois après l’arrêt.
Des études chez l’animal, uniquement chez des mâles. Elles indiquent où chercher, pas ce qui se passe chez l’humain. Elles viennent de l’équipe du professeur Melcangi à Milan, qui mène le Milano Project pour lequel SIDEfxHUB collecte des fonds.
Volontaires en bonne santé, 2010
Dans cette étude, 35 hommes en bonne santé ont pris de la paroxétine pendant cinq semaines. Jusqu’à 35 % ont remarqué des changements de leurs érections et jusqu’à 47 % des troubles de l’éjaculation. Les auteurs font état d’une fonction presque normale après l’arrêt.
Les auteurs des critères notent que les scores n’étaient pas complètement revenus à la normale un mois plus tard. Le suivi s’arrêtait là, et le questionnaire ne portait pas sur la sensibilité génitale.
Le diagnostic de la PSSD
Il n’existe aucun test pour la PSSD. Un médecin la diagnostique à partir de votre récit et de vos antécédents, en s’appuyant sur les critères de 2022. Ces critères ne sont pas une recommandation officielle, et votre médecin ne les connaît peut-être pas.
Certaines consultations spécialisées peuvent évaluer la sensibilité au toucher du pénis, mais pour la sensation sexuelle, « il n’existe aucun test disponible », notent les critères. Des analyses de sang normales n’excluent pas la PSSD. Elles aident à écarter d’autres causes.
Écarter d’autres causes
La dépression elle-même peut avoir un effet sur la sexualité. Selon une revue de 2012 (en anglais) portant sur six études, elle augmente le risque de troubles sexuels d’environ 50 à 70 %. C’est un chiffre relatif : la revue ne donne pas de taux de départ.
Le syndrome de sevrage (en français, « sevrage » ne veut pas dire que le médicament rend dépendant) se distingue par sa durée. Le RCP britannique de l’escitalopram (en anglais) indique que les symptômes de sevrage disparaissent en général en deux semaines. Chez certaines personnes, ils « peuvent se prolonger (2-3 mois ou plus) ».
L’engourdissement, lui, est différent. « Aucun trouble psychique ne provoque une anesthésie des organes génitaux », écrivent Healy et Mangin (en anglais). Des taux hormonaux à la limite de la normale sont parfois observés dans la PSSD, mais selon les critères, ils « peuvent être une conséquence de ces maladies plutôt qu’une cause ».
Ce qu’il faut apporter à votre médecin
- Une copie imprimée des critères de 2022 (en anglais), en accès libre.
- Le médicament, la dose et, à peu près, les dates de prise.
- Quand les changements ont commencé, et si c’était pendant la prise ou après l’arrêt.
- Ce qui a changé : la sensibilité génitale, les émotions, la cognition ou les sens.
- Comment les choses se passaient avant de le prendre.
- Vos autres médicaments, passés et actuels, en particulier le finastéride ou l’isotrétinoïne.
Demandez que ce soit consigné dans votre dossier médical. Au Royaume-Uni, les dossiers du NHS disposent d’un code pour cela depuis octobre 2024. Si vous prenez encore le médicament, les critères indiquent qu’« un diagnostic provisoire pourrait se justifier ». Il n’est pas nécessaire de l’arrêter pour obtenir une évaluation.
Comment diagnostique-t-on la PSSD ? détaille chaque étape.
Traitement de la PSSD et rétablissement
Il n’existe aucun traitement autorisé pour la PSSD. Les tentatives décrites dans la recherche « n’ont encore abouti à aucun traitement établi », écrivaient Healy et Mangin (en anglais) en 2024.
En septembre 2026, nous n’avons trouvé aucun essai de traitement enregistré sur ClinicalTrials.gov (en anglais). La recherche en est encore au stade du laboratoire. Le Milano Project, pour lequel SIDEfxHUB collecte des fonds, étudie ce que les ISRS modifient dans le cerveau et les nerfs.
La PSSD est-elle permanente ?
Elle peut l’être. La PSSD « peut persister des mois, des années ou indéfiniment » (en anglais), écrivent les auteurs des critères, et certains signalements font état d’une durée de plus de 20 ans. David Healy a écrit que l’état de certaines personnes s’améliore en partie (en anglais) sur plusieurs années. Le nombre de personnes qui se rétablissent complètement « n’a jamais été correctement étudié ».
La PSSD disparaît-elle ? À quoi ressemble le rétablissement et Les effets sexuels des ISRS disparaissent-ils ? examinent le rétablissement plus en détail.
Comment juger un traitement qu’on vous propose
Vous verrez peut-être des traitements proposés en ligne ou dans des cliniques privées. Nous n’en recommandons aucun. Ces questions vous aideront, avec votre médecin, à juger un traitement proposé :
- A-t-il été testé dans un essai contrôlé chez des personnes atteintes de PSSD, et où les résultats ont-ils été publiés ?
- Quels sont ses risques, et est-il autorisé pour cet usage ?
- Promet-il un rétablissement ? Personne ne peut honnêtement le promettre.
- Faudrait-il arrêter ou modifier un autre médicament ?
- Combien coûte-t-il, et qui le vend ?
Si vous essayez quelque chose, dites-le à votre médecin. Vous pouvez aussi signaler les effets secondaires du traitement lui-même.
Ce que fait SIDEfxHUB
SIDEfxHUB est une association de patients britannique (registered charity 1203385) pour les personnes qui vivent avec le PFS, la PSSD et le PAS. Nous finançons la recherche, agissons pour faire reconnaître ces maladies et soutenons les patients.
- La communauté. Notre communauté suit les personnes sur des mois et des années. Ses membres l’ont choisi : elle ne peut donc pas dire à quel point la PSSD est fréquente. Elle peut montrer comment les symptômes évoluent dans le temps, ce que la recherche a très peu étudié.
- La recherche. Nous collectons des fonds pour le Milano Project de l’université de Milan, qui étudie ce que le finastéride et les ISRS modifient dans l’organisme. Il est dirigé par le professeur Roberto Melcangi.
Sources
Toutes les sources ci-dessous ont été vérifiées le 26 septembre 2026. Elles sont en anglais, et toutes les citations de cette page ont été traduites de l’anglais.
Critères diagnostiques, 2022
Healy et 36 coauteurs, International Journal of Risk & Safety in Medicine.
Lire l’article→Comité de sécurité de l’EMA, mai 2019
La recommandation qui a ajouté la mise en garde à dix ISRS et IRSN.
Lire le document→Parlement britannique, HL7363
La réponse du gouvernement de mai 2025 sur la PSSD, le terme MedDRA et SNOMED.
Lire la réponse→MHRA, décembre 2025
Le réexamen des notices d’antidépresseurs, dont la dysfonction sexuelle après l’arrêt.
Lire l’annonce→RCP britannique de l’escitalopram
Les informations de prescription britanniques destinées aux médecins, avec la mise en garde de 2019.
Lire le RCP→Notice américaine du Prozac
La seule notice américaine d’ISRS ou d’IRSN que nous ayons trouvée à en faire mention.
Lire la notice→Dossier de pétition de la FDA
La pétition de 2018 demandant à la FDA une mise en garde sur tous les ISRS et IRSN, et son historique.
Voir le dossier→Healy et Mangin, 2024
Pourquoi personne n’a mesuré la fréquence de la PSSD.
Lire l’article→PubMed
Toute la recherche publiée sur la dysfonction sexuelle post-ISRS.
Chercher dans PubMed→À lire sur la PSSD
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